mercredi 15 mai 2013

Internet haut débit: La fibre optique remplace le cuivre



D’habitude, quand un local commercial ou bien un établissement est équipé de caméras, directement vient à notre esprit que le propriétaire cherche à se prémunir   contre les vols par effraction. Or, ces derniers temps, plusieurs patrons ont trouvé dans la technologie de la télésurveillance le moyen de surveiller le rendement de leurs salariés durant les heures de travail. Une situation qui a laissé plusieurs employés travailler sous stress. Chaque geste est suivi. Chaque mouvement est enregistré.

Sihem est une institutrice dans une école primaire privée. Cela  fait quatre ans qu’elle enseigne le français aux  élèves de  5 à 10 ans. Mais voilà que depuis un an, le propriétaire de l’école a décidé d’installer dans chaque classe deux caméras pour surveiller le déroulement des séances. Au début, tout s’est déroulé normalement. Rien ne laissait présager que cette initiative  allait transformer le quotidien de Sihem et de ses sept collègues en un véritable enfer. «C’est fou le stress que nous vivons depuis l’installation des caméras. On dirait qu’on est des gamins à surveiller ou bien des prisonniers dans un pénitencier. Dans une telle ambiance si pesante, le professeur ne peut plus exercer sereinement son métier», souligne Sihem.

Sous pression

Pis encore, à l’image des candidats des émissions de la télé réalité, leur patron envisage même de mettre sur le site internet de l’école les images en temps réel. «Il ne lui a pas suffi de placer deux caméras de surveillance, il vient de nous informer que prochainement, les parents pourront suivre leurs enfants sur le site officiel de l’école. C’est scandaleux, car une telle initiative a mis tous les collègues dans une situation désagréable. On est devenu mal à l’aise ! Et je pense que c’est un manque de respect envers le métier d’enseignant», ajoute Sihem.

Cette nouvelle pratique ne se limite pas au seul domaine  de l’enseignent mais elle touche d’autres activités.  Karim Britli, 34 ans, fonctionnaire dans une usine de textile, remet en cause la fiabilité et même l’utilité de cette disposition. En effet, souligne-t-il, «depuis deux ans, l’usine a été mise sous surveillance.  Certes, depuis la mise en place des caméras de surveillance, la discipline et l’assiduité sont de mise dans les ateliers, mais j’avoue que plusieurs employés, surtout les femmes, se sentent un peu gênés par la présence de ces caméras».
De son côté, Mohamed Ali, télé-acteur dans un centre d’appels, voit les choses autrement. «La vidéo-surveillance dans le lieu de travail est une très mauvaise idée, car il s’agit à mon avis d’un moyen pour exercer une nouvelle forme d’esclavage. Le salarié va être tout le temps sous pression et mal à l’aise . Si certains croient que cette disposition va booster la productivité , ils ont tort. La télé-surveillance doit être bannie sur les lieux de travail car elle risque d’affecter la psychologie du travailleur. Alors, je pense que l’Ugtt doit réagir devant ces agissements ».

Abdel Aziz HALI

Internet haut débit: La fibre optique remplace le cuivre


Pour la plupart des Tunisiens, la présence d’une connexion Internet dans un bâtiment est devenue une nécessité, à l’image du courant électrique ou bien de l’eau potable.
Ainsi avec la large diffusion des smartphones et des tablettes tactiles, sous nos cieux, ainsi que la présence du Dream Box dans les foyers tunisiens, sans parler de la démocratisation de l’ordinateur familial (de bureau), il est devenu impératif d’offrir au citoyen tunisien une connexion Internet à très haut débit.
Devant une telle évolution de la société tunisienne, le ministère des Technologies de l’information et de la communication a mis en place un projet qui devrait être prochainement approuvé par le ministère de l’Equipement et de l’Habitat. «Ce projet porte sur une nouvelle règle dans la construction des nouvelles habitations, notamment les immeubles», nous informe un cadre du ministère de l’Equipement et de l’Habitat.

Les promoteurs immobiliers n’auront plus le choix

Ce projet qui est en cours d’approbation va obliger les promoteurs immobiliers à faire introduire  la fibre optique à l’intérieur du bâtiment, comme c’est déjà le cas pour l’électricité, le gaz et l’eau. Au cas où le promoteur est à court de budget, un espace nécessaire devrait être aménagé par ce dernier pour que l’opérateur puisse effectuer l’installation à sa place, une fois que le quartier sera doté de fibres optiques.
Ce projet, qui est dans sa dernière phase, va révolutionner le paysage des télécommunications tunisiennes en obligeant l’équipement des nouveaux bâtiments par la fibre optique au lieu de miser sur les câbles en cuivre afin d’améliorer le taux de pénétration de l’Internet haut débit.

Parallèlement, un autre projet est en cours d’étude au ministère des Technologies de l’information et de la communication.  Il offre aux opérateurs d’Internet la possibilité de louer leurs fibres optiques à leurs concurrents pour éviter la congestion de plusieurs fibres dans le même immeuble.
Pour ce qui est du sort des anciens bâtiments, le même ministère prévoit de mettre à leur disposition une connexion Internet avec des «débits semblables» à celles qu’offre la fibre optique (100 Mb/s sur le câble de cuivre de la téléphonie classique) grâce à la technologie VDSL2*, comme c’est le cas à Sidi Bou Saïd et aux Berges du Lac. Rappelons que le débit maximum atteint actuellement grâce  à l’ADSL2 est de 20 Mb/s en vitesse IP.

 Abdel Aziz HALI





* VDSL2: une technologie reposant sur une plateforme appelée ISAM 7302 qui réduit les signaux parasites causés par les fils de cuivre adjacents au câble (interférences).

Reportage - Cap Bon: Les sept magnifiques de Korbous


Les sept magnifiques de Korbous

Située dans la région du Cap Bon à 60 km de la capitale, la petite ville de Korbous qui borde le golfe de Tunis offre aux curistes sept sources à propriétés spécifiques et complémentaires. Selon l’avis des spécialistes, «les cures à Korbous conjuguent les vertus thermales des sources, les bienfaits d’un microclimat sain et d’un environnement naturel agréable». Reportage.
La principale source thermale de Korbous est celle de Aïn Echfa. Elle est aussi appelée Aïn El-Kbira (La grande Source) présentant deux sources filles: Aïn Sbia (La vierge) et Aïn Arraka (La suante). Perchée sur un promontoire, cette source, dont l’eau est à dominance  chlorurée sodique et exploitée par la station thermale de Korbous, alimente l’établissement thermal avec une température de 57.5°C et un ph de 7.5.

Aïn Echfa

Selon M. Fayçal Messaoudi, gérant de l’établissement thermal, la source de Aïn Echfa  existe depuis plus de 2000 ans. «Elle est parmi les meilleures sources dans le bassin méditerranéen. Les eaux de Aïn Echfa ont une renommée continentale. D’ailleurs, c’est la première source exploitée en Tunisie et en Afrique (même avant celles de Jebel Oust et de Hammam Bourguiba). Elle a été exploitée à partir de 1902, date de la création de la station de Korbous par M. Carpentier suite à la demande du Bey (Ahmed Bey-Ndlr) qui ordonna la construction d’un pavillon, récupéré après l’indépendance par l’Office tunisien du thermalisme et privatisé en 1997.»

Les eaux de Aïn Echfa sont aussi connues pour leurs vertus thérapeutiques. Elles sont conseillées dans le domaine de la rhumatologie pour traiter les arthroses, les rhumatismes dégénératifs, les rhumatismes inflammatoires, les rhumatismes articulaires, les jambes lourdes (chez les femmes), les syndromes algiques, l’ostéoporose, les séquelles musculaires et chirurgicales, toutes les suites de luxations et d’entorses, etc. «Nous traitons aussi dans notre centre les problèmes liés à l’appareil respiratoire et les problèmes dermatologiques (Eczéma, séquelles de brûlure, dermatite, dermites allergiques, etc.) et ceux liés à la gynécologie. D’ailleurs, les femmes enceintes venaient jadis au centre pour accoucher.», ajoute M. Messaoudi.
Pour ce qui est des visiteurs, selon le gérant du centre, 92% des clients sont des Maghrébins (dont 70% sont des Tunisiens). Et les 8 % sont des Européens (Allemands et Français). «Notre établissement accueille les malades pris en charge par la Cnam. Nous avons aussi une convention avec l’ambassade de France qui recommande le centre aux anciens combattants de la République française. D’autres conventions  sont également en vigueur avec des entreprises nationales telles que la Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) et quelques banques tunisiennes. Il reste à noter que pour des raisons socioculturelles, la mixité n’est pas autorisée dans nos locaux. De ce fait notre établissement est divisé en deux compartiments, selon le genre», renchérit le gérant du centre.
Côté staff technique, on note la présence d’un médecin rhumatologue, d’un kinésithérapeute  et de 20 masseurs et masseuses (tous certifiés et diplômés). Pour ce qui est de l’hygiène, une fois par mois, le centre reçoit la visite des contrôleurs de l’Office du thermalisme qui effectuent des prélèvements d’eau et de la boue. Ces mêmes prélèvements sont aussi opérés par des agents du service d’hygiène régional de Nabeul. «Et le centre effectue aussi ses propres prélèvements», assène M. Messaoudi.
Enfin, malgré la cadre idyllique qui entoure la station thermale et touristique de Korbous (une vallée rocheuse largement ouverte sur la mer à l’ouest) on ne peut pas ne pas citer quelques carences qui caractérisent le site: la fermeture depuis 13 ans de la route qui relie Korbous à Tunis (47 Km) passant par le tronçon de 3 km menant à Aïn Oktor (La goutte) et qui est encore en travaux, les bus touristiques qui ne peuvent pas accéder au site, l’absence de distributeurs automatiques de billets (DAB), etc.

Aïn Sbia (La Vierge)

Juste à côté de Aïn Echfa se trouve la célèbre Aïn Sbia avec sa célèbre coupole. Cette source, connue depuis la plus haute antiquité, alimente les Hammams et les douches (bains thermaux) avec une eau de température de 50°C et un faible débit de 0.70 L/s. Selon les données officielles de l’Office du thermalisme, l’eau de cette source est classée comme une eau hyper thermale chlorurée sodique et elle présente les mêmes vertus médicinales que Aïn Echfa. «Chaque année et durant les vacances scolaires du printemps, nous louons une maison dont la capacité d’accueil est de 25 personnes à Korbous afin de bénéficier des bienfaits de l’eau de cette source. D’habitude, nous louons les locaux de «Diar Zarrouk» à 60DT/jour. Mais pendant les vacances scolaires, ces derniers sont trop prisés, donc parfois nous n’avons pas le choix que de louer d’autres maisons avec un standing moindre et dont le loyer oscille entre 30 et 35 DT/ jour.», souligne Mlouka Ajej, une habituée des lieux âgée de 75 ans et habitant à Menzel Bouzelfa. Elle ajoute: «L’eau de Aïn Sbia est bénite par Dieu. J’adore barboter mes pieds dans le bain. Ça soulage mes douleurs. En plus les enfants adorent l’ambiance qui règne durant notre séjour. Nous n’avons pas changé nos traditions: cuisiner des plats traditionnels, manger ensemble autour d’une table basse et préparer l’Aâssida aux dattes».
Pour ce qui est du fonctionnement des douches et des bains thermaux, Zouhair Trabelsi, un fidèle visiteur des bains de Korbous, âgé de 50 ans et chauffeur de taxi au Denden, nous donne plus de précisions. « Le mardi, le jeudi et le samedi, le bain thermal est réservé aux femmes et les autres jours c’est le tour des hommes. Depuis mon jeune âge, c’est-à-dire plus de 40 ans,  je fréquente Korbous et le Hammam de Aïn Sbia. Jadis, le bain thermal fonctionnait 24h/24h, malheureusement, depuis qu’il a été privatisé, le nombre du personnel a été réduit et l’hygiène laisse à désirer!»

Aïn Arraka (La Suante)

A côté de Aïn Sbia se trouve Aïn Arraka. Le lieu a été délaissé et abandonné ces dernières années. Heureusement que les autorités locales par le biais de la délégation spéciale de la municipalité de Korbous  ont réhabilité et ouvert de nouveau au public le coin de cette source. Cette eau présente les mêmes caractéristiques de Aïn Sbia et de Aïn Echfa mais avec une température moins forte (45°C). «Ça fait deux mois que la municipalité à rouvert les lieux aux public.», souligne Ezzedine Ghidhaoui, un agent de police et fidèle visiteur de cette source. «Chaque jour, je viens barboter mes pieds dans le bassin pendant un quart d’heure. L’expérience a démontré que les eaux de cette source sont plus bénéfiques contre le rhumatisme que certains médicaments. Les résultats sont immédiats!», ajoute-t-il.

Aïn Oktor

Les sources de Aïn Oktor sourdent au bord de la mer. Il s’agit essentiellement d’une eau de boisson classifiée comme une eau chlorurée sodique et exploitée depuis le milieu des années 90 par la Société des stations thermales et des eaux minérales (Sostem). «Aïn Oktor est une des plus anciennes marques d’eau minérale commercialisée en Tunisie, puisque c’est en 1904 que cette eau a été prélevée pour la première fois à la source du même nom à quelques encablures de la station thermale de Korbous dans la région du Cap Bon. Reconnue pour ses vertus thérapeutiques, notamment dans le cadre des maladies touchant les reins, elle favorise également l’élimination des toxines. (...). D’après les recherches du professeur Z. Kallal de l’Institut national de nutrition et de technologie alimentaire, parues en 1972, l’eau d’Oktor est utilisée essentiellement soit au griffon pour une à trois semaines, soit en cure prophylactique à domicile. Cette eau chlorurée a de hautes qualités thérapeutiques pour toutes les maladies rénales, insuffisances ou infections.», souligne David Rivory dans son article «Aïn Oktor, la pureté goutte-à-goutte» (paru dans le magazine Livet santé». Il reste à noter que l’hôtel de Aïn Oktor qui est fermé pour  travaux depuis 1998 va ouvrir prochainement ses portes après avoir fait peau neuve sous la houlette de son nouveau propriétaire l’homme d’affaires Farid Abbas. Selon M. Messaoudi, gérant de l’établissement thermal de Korbous, «l’hôtel sera en formule village-club à l’image du système ‘‘Club Med’’ pour une clientèle exclusivement étrangère.». Voilà une bonne nouvelle pour le tourisme tunisien et pour les habitants de Korbous.

Aïn Fakroun (La Tortue)
Appelée ainsi car pour y accéder, on doit presque ramper à la tortue dans un petit tunnel, cette source à mi-chemin entre Aïn El-Atrous et Aïn Echfa. Pour y accéder, il suffit de descendre les escaliers, ensuite entrer à quatre pattes dans un tunnel pour pouvoir prendre une douche. L’eau dans cette source se présente avec une température de 37°C et un débit de 1 litre par seconde. Elle est classifiée comme une eau thermale chlorurée sodique, riche en sulfate, calcium et magnésium. Pour ce qui est des indications thérapeutiques, l’eau de Aïn Fakroun est bonne pour les rhumatismes, la dermatologie (dermatite atopique, dermatose, psoriasis eczéma, lichen, prurits, acné et séborrhée, allergies intriquée et séquelles de brûlures), phlébo-angiologie (insuffisances veineuses et lymphatiques, suite et séquelles de phlébites, etc) et gynécologie.

Aïn El-Atrous (Le Bouc)

Située à 1 km au nord du centre-ville, Aïn El-Atrous est par excellence la source la plus  populaire des sept sources de Korbous. Jaillissante à une altitude de 5 mètres, Aïn El-Atrous est captée, mais ses eaux ne sont pas utilisées pour le moment. Certes, la municipalité a bien aménagé le coin pour permettre aux visiteurs de savourer une eau hyperthermale, chlorurée sodique forte.
Pour ce qui est des indication thérapeutiques, l’eau de cette source est conseillée dans les domaines de la rhumatologie (rhumatismes articulaires chroniques, séquelles de traumatismes ostéo-articulaires et des interventions chirurgicales, les arthroses dans toutes leurs localisations et manifestations, ostéoporose), la dermatologie (eczémas, lichens, séquelles de brûlures, etc), la phlébologie et la Gynécologie (ex: les troubles congestifs et neurotoniques de la ménopause, algies pleviennes chroniques et séquelles d’affections inflammatoires). Une mention spéciale est attribuée pour le traitement de l’obésité à Aïn El Atrous.
 Durant les vacances scolaires et les week-ends, il est difficile de trouver une place à cause de la foule qui envahit les lieux comme en témoigne Achour El-Chammakhi (70 ans), un habitant de Korbous. «Korbous vit grâce au tourisme intérieur. Certes, la fréquence des excursions scolaires et des colonies de vacances a baissé avec la situation sécuritaire que connaît le pays, mais ça n’empêche pas que les visites familiales ne désemplissent pas. Il reste à noter que Korbous est aussi adulée par les touristes Algériens». Des propos confirmés par Mohamed Cherif, un algérien âgé de 39 ans résidant en France et originaire de Annaba, que nous avons rencontré sur les lieux. «Je suis venu avec mon beau-frère pour passer quelques jours à Bizerte. Et j’ai saisi l’occasion pour venir à Korbous pour soigner un problème articulaire: une discopathie». Il ajoute: «Nous avons réservé une chambre pour trois jours dans une sorte d’auberge. Et hier, je suis allé au centre thermal de Korbous où j’ai subi une séance de rééducation qui m’a coûté 67 DT. Et aujourd’hui j’ai voulu essayer les eaux de Aïn El-Atrous. Machallah (Dieu soit loué). Il n’y a rien à dire! L’eau est magnifique surtout quand on effectue une baignade dans l’eau tiède de l’eau de mer. En plus, on peut bénéficier de plusieurs sortes de boues avec des prix imbattables (1DT le sachet). Ça y est! Je me suis décidé, je vais ramener ma famille de Paris et de Annaba pour passer 15 jours cet été. Espérons que lors de notre prochain séjour, il y aura des restaurants ouverts le soir, car j’ai remarqué qu’à partir de 19h00 aucun restaurant ne reste ouvert. Et qu’il y aura plus d’aménagements qu’il y en a actuellement.».

Aïn Kalassira

Connue depuis l’époque punique, Aïn Kallassira est la seule source qui est restée à l’état vierge bien que les curistes aient pu y aménager un petit basin pour se baigner. Située au pied de la montagne, cette source  dotée d’eau thermale de type chloruré sodique est difficile d’accès. Il suffit de suivre la côte rocheuse à partir de Aïn El-Atrous ou bien de descendre le flanc accidenté de la montagne pour savourer ses eaux chaudes destinées aux soins et qui jaillissent du massif montagneux à une température constante de 44°C. Selon les données de l’Office du thermalisme, cette eaux présente les caractéristiques minéralogiques suivantes: «Sulfurée, bicarbonatée sodique, riche en fluor et sels minéraux, l’eau thermale est indiquée dans les cas de troubles  chroniques, en particulier lorsqu’ils sont d’origine infectieuse et dans les pathologies rhumatologiques». Elle est aussi réputée pour ses boues qui sont utilisées pour des cures dans  le centre thermal de Korbous.
Ces mêmes boues sont aussi commercialisées sur le site de Aïn El-Atrous par des vendeurs ambulants à l’instar de Saber alias Sabri Lemjid (36 ans) qui chaque week-end et durant les vacances quitte Kélibia (la ville où il réside) pour venir écouler des sachets remplis de boues et d’algues à Aïn Kalassira. «Ça fait deux ans que j’ai commencé à vendre ce produit naturel. Je collecte les algues et les boues de Aïn Kalassira et les argiles dans la montagne de Korbous. Les argiles noires sont conseillées pour soigner les rhumatismes, quand aux argiles jaunes, elles sont efficaces pour adoucir les peaux sèches. Enfin, pour ce qui est de l’argile blanche, elle est conseillée contre les acnés», explique-t-il.
Assurément, parmi les 7 sources de Korbous, Aïn Kalassira est la source qui a le plus fort potentiel pour développer autour d’elle le concept du thermalisme vert et l’écotourisme (randonnées, VTT, etc.).

Reportage: Abdel Aziz HALI

samedi 11 mai 2013

Le 11 mai 1961 à New York... Bourguiba accueilli en héros



Le 20 mars dernier et à l’initiative de la mairie de Paris, le buste de Habib Bourguiba a été dévoilé sur l’esplanade qui porte aussi le nom du «grand combattant». Mais plusieurs de nos concitoyens ignorent que dans la ville de New York, aux Etats-Unis, et plus précisément à Manhattan du côté de Broadway Street entre la chapelle Saint Paul et l’église Trinity (à quelques dizaines de mètres de Wall Street), figure le nom du premier président de la République tunisienne, gravé sur le trottoir où sont mentionnés les grands évènements qui ont marqué la ville de New York.

Sur ce trottoir, on peut lire sur une plaque en marbre noir l’inscription suivante: «May 11, 1961 * Habib Bourguiba, Président of Tunisia» (11 mai, 1961 *Habib Bourguiba, Président de la Tunisie).
En effet, cette date marque la visite de Habib Bourguiba qui s’est soldée par une parade, sur la célèbre avenue Broadway à Manhattan, installé dans une voiture décapotable, en compagnie du maire de la ville de New York, à l’époque M. Robert F. Wagner Jr., et suivi par un cortège de voitures officielles.

Il reste à noter que Bourguiba était un habitué des accueils fastueux organisés par les gouvernants américains en son honneur. Et tout le monde se souvient bien de l’accueil en grande pompe, à la Maison-Blanche, réservé, le 3 mai 1961, par le président américain John F. Kennedy et son épouse Jacqueline au président Habib Bourguiba accompagné par sa première épouse Mathilde Clémence Lorain, alias Moufida.

En se rendant officiellement aux Etats-Unis d’Amérique, Bourguiba  a été le premier président étranger reçu en visite d’Etat par le nouveau président américain fraîchement investi. Durant cette visite de trois jours, le président  tunisien s’est rendu à Washington DC, à New York, au Texas et dans la vallée du Tennessee.

Dans le livre John F. Kennedy, la France et le Maghreb, Fredj Maâtoug (auteur du livre éponyme) revient sur cette visite et souligne l’émerveillement du président américain qui n’avait pas tari déloges à l’égard de notre premier président de la République : «C’est le premier dîner d’Etat que nous donnons en l’honneur d’un chef d’État depuis que Madame Kennedy et moi-même sommes arrivés à la Maison-Blanche, avait-il précisé, et je dois dire, en parlant aussi bien sur le plan personnel qu’en tant que président, qu’aucun dîner ne m’a donné plus grande satisfaction». JFK a ajouté à la fin de cette visite ceci : «Je l’ai admiré pendant de longues années, et je dois dire qu’il quitte  Washington  avec l’entière  connaissance  qu’il laisse une place mémorable dans le cœur de tous les Américains  qui reconnaissent la valeur de l’endurance, la persévérance et la vision».

Abdel Aziz HALI

mardi 2 avril 2013

Interdiction de chasse aux Tunisiens résidant à l’étranger: Nul n’est prophète en son pays

 
Hosni Ben Afia, un binational (franco-français), amoureux de la nature et de la chasse, lors d'une partie de chasse au Midi-Pyrénées (Toulouse)

Parmi les recommandations du premier séminaire des chasseurs et des amateurs de la chasse organisé à Hammamet en avril 2011, les participants avaient clairement insisté sur la nécessité de résoudre le problème de l’interdiction aux chasseurs tunisiens résidents à l’étranger, le droit de s’adonner à cette activité en Tunisie. Une anomalie de taille que nos expatriés s’escriment en vain à résoudre.
En effet, outre le blocage au niveau de la délivrance des licences de port d’armes, les Tunisiens résidents à l’étranger ont été privés, il y a 7 ans déjà, de leur droit de bénéficier d’une autorisation spéciale comme l’atteste un arrêté du ministre de l’Agriculture datant de 1976.
C’est que selon le code relatif à l’organisation de la chasse, l’article 22 classé dans le Titre II relatif au tourisme de chasse stipule que «Les Tunisiens résidents à l’étranger sont considérés comme touristes chasseurs particuliers et peuvent s’adonner à la chasse dans les mêmes conditions que les nationaux, après versement d’une redevance domaniale de vingt dinars pour l’obtention  de la licence de chasse touristique». Or depuis janvier 2006, l’application de cet article a été gelée par le ministère de l’Intérieur.
Une telle décision a provoqué un tollé chez nos concitoyens vivant à l’étranger comme c’est le cas de Hosni Ben Afia, responsable d’une unité éducative à Toulouse en France et un fervent amateur de la chasse. «Les chasseurs tunisiens résidents à l’étranger sont aussi les enfants de la Tunisie et nous sommes fiers de l’être. Nous pratiquons d’une manière réglementaire la passion de la chasse et de tir sportif au sein des associations de chasse et dans des clubs de tir affiliés à la fédération de tir et au ministère de la Jeunesse et des Sports dans nos pays d’accueil», souligne M. Ben Afia.

Une interdiction inexpliquée

 « Nous avons tous obtenus nos permis de chasse suite à une petite formation et après un examen. Sachant qu’un chasseur en France doit réussir plusieurs épreuves de sécurité et de connaissance relatives aux règlements de la chasse. Malheureusement, nous sommes autorisés de chasser un peu partout dans le monde sauf dans notre pays d’origine, et ce, malgré l’existence  d’un arrêté ministériel qui nous procure ce droit. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi les autorités tunisiennes nous ignorent ? Si un chasseur tunisien résidant à l’étranger est titulaire d’un permis de chasse étranger en cours de validité et est aussi titulaire d’une licence de port d’arme, il devrait normalement s’adonner à cette activité dans son pays. Nous sommes par ailleurs prêts à payer une taxe supplémentaire pour contribuer à la protection de la faune». ajoute-t-il.
Hosni n’est pas le seul à souffrir du laxisme des autorités tunisiennes face au flux de demandes des expatriés désireux de pratiquer la chasse comme n’importe quel citoyen tunisien. Hafedh Louhichi,  directeur technique dans une société d’informatique en Belgique et grand adepte de la nature de la chasse, est un autre infortuné. «Je pratique la chasse depuis des années entre la Belgique et la France, puisque, je possède un permis de chasse belge et un permis de chasse français ainsi qu’une licence européenne de tir sportif. Je pratique aussi la discipline de Ball-trap et je participe à des compétitions un peu partout. Tous ces permis je les ai eus après une série d’examens qui initient le chasseur aux principes de la sécurité et au  respect de la nature», s’enorgueillit Hafedh.
 «Malheureusement, à chaque fois que je rentre en Tunisie, je nourris en vain l’espoir de pouvoir chasser. Je ne comprends pas comment ça se fait que je puisse pratiquer ma passion dans tous les pays de la communauté européenne malgré le fait que je ne sois pas un européen de souche et que dans mon pays d’origine, les autorités m’interdisent même le droit d’avoir un permis de chasse provisoire. C’est injuste ! On est des gens responsables et respectueux. Donc je ne vois pas la raison pour la quelle on nous empêche  d’avoir un permis tunisien. Même le droit à la succession du permis de chasse de mon père, m’a été refusé à cause de ma double nationalité» se révolte-t-il.
Voilà comment, on interdit aux Tunisiens résidents à l’étranger d’exercer un droit  prévu par la loi. Pis encore, selon M. Ben Afia, une telle mesure peut nuire considérablement au tourisme de chasse. En effet, « Les chasseurs qui résident à l’étranger peuvent ramener avec eux des groupes de chasseurs étrangers. Ainsi, en privant les binationaux de leur droit, c’est le secteur de la chasse touristique qui est mis à mal sans parler du manque à gagner que peut générer cette activité » explique-t-il. Toutefois, il forme le vœu de voir «le nouveau ministre de l’Intérieur s’intéresser au sujet et répondre favorablement à nos demandes, afin qu’on puisse retrouver le bonheur et chasser de nouveau dans notre pays durant les vacances.».

A.A.H. 

Logements sociaux dans les régions — Mohamed Chelly, architecte urbaniste

 «Il ne faut pas tomber dans la précipitation»
Mohamed CHELLY, Architecte Urbaniste

Trente mille logements sociaux répartis dans toutes les régions. Voilà un projet qui met l’eau à la bouche des architectes et des promoteurs immobiliers. Déjà, au mois de novembre dernier, trente entreprises de bâtiment et travaux publics (BTP), dont 7 tunisiennes, ont retiré le cahier des charges relatif à l’appel d’offres international concernant la construction d’une première tranche de 20.000 logements sociaux. Qu’en pense Mohamed Chelly,  un  architecte urbaniste tunisien?

En tant qu’expert, comment évaluez-vous le projet  de 30 mille logements sociaux?
Certes, l’idée est noble, ainsi que son but, mais la réalisation n’est pas une mince affaire. Dans la concrétisation de tels projets, il ne faut pas tomber dans la précipitation. A mon avis, on a besoin de projets viables et bien étudiés pour éviter de répéter les échecs connus de l’époque de Bourguiba et de Ben Ali. Nous avons plusieurs expériences qui ont échoué dans le passé et il est conseillé de tirer des leçons et ne pas brûler les étapes. Il est vrai que la volonté du ministère de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire est bonne, mais un tel projet nécessite beaucoup de réflexion et d’encadrement sans parler du suivi. Alors pourquoi pas ne pas lancer une consultation nationale autour de ce projet ?

Pourquoi, par le passé, les logements sociaux n’ont pas connu de succès dans les régions ?
Tout d’abord, il y avait une anomalie dans le diagnostic fait à l’époque. Des bâtiments trop chauds en été et trop froids en hiver. D’autre part, avant de bâtir des immeubles dans les régions, les responsables n’ont pas fait de campagnes de sensibilisation. Il faut toujours se mettre à l’esprit que les résidents dans les régions n’ont pas la même logique d’habitat que les autres citadins. Tout est question de traditions et de culture surtout dans les régions rurales. Dans la plupart des projets, les architectes et les promoteurs immobiliers ont négligé le concept du «phasing» dans l’unité d’habitat. C’est-à-dire créer des appartements extensibles. Par exemple un local de 80 m2, soit un S+1, est susceptible d’évoluer en un S+2.  Malheureusement, les logements sociaux de cette époque n’ont pas pris en considération les caractéristiques démographiques de chaque région.

D’après vous, quelles sont les solutions à préconiser pour réussir les logements sociaux dans les régions ?
Tout d’abord, il faut intégrer le principe de l’architecture vernaculaire (un type  d’architecture  propre à un pays, à un terroir, à une aire donnée et à ses habitants). Car, à mon avis, chaque région a ses propres spécificités architecturales qui vont avec la nature des matériaux et des techniques de construction utilisés par ses habitants. D’autre part, le climat, le relief, les ressources naturelles et minérales, ainsi que le besoin quantitatif en termes de logement. Il est à noter que la nature des matériaux de construction diffère d’une région à une autre.
Donc, on ne peut pas établir des plans de cités identiques et les imposer à toutes les régions. D’autre part, il est primordial d’impliquer l’Ordre des architectes tunisiens (OAT), l’Ecole nationale d’architecture et d’urbanisme de Tunis (Enau) et la société civile, dans la réalisation des études prospectives de l’aménagement territorial et d’habitat. D’ailleurs, je suis contre l’idée de faire appel à des promoteurs immobiliers étrangers pour conduire de tels projets. Et à ma connaissance, l’OAT s’est opposé à l’idée d’associer des promoteurs turcs. Car une telle idée relève de l’absurde. En effet, au lieu de confier ce genre de projet à des architectes ou à des promoteurs étrangers qui ne connaissent rien des besoins et des spécificités de nos régions, il vaut mieux faire appel au savoir-faire tunisien. Ils sont nombreux les architectes  issus des régions et qui  connaissent sur le bout des doigts le type de logement qui correspondrait le mieux à leurs concitoyens. Je pense qu’on peut créer des équipes composées d’architectes et d’universitaires pour  développer de nouveaux concepts architecturaux. Les mémoires de fin d’études regorgent de tels concepts novateurs qui  prennent en considération les spécificités de nos régions et le besoin en espace éclairé. Un étudiant en architecture coûte à l’Etat plus de 60 mille dinars (7 ans d’études+1 année de stage + les voyages d’études) et le résultat de ses recherches de fin d’études est important. Alors pourquoi un tel gâchis ?

Peut-on envisager un aspect écologique dans ces logements sociaux ?
Bien évidemment ! L’avenir est dans les bâtiments verts et écologiques. D’ailleurs, plusieurs mémoires de fin d’études ont bien développé le concept du logement vert. D’autre part, il ne faut pas négliger le volet thermique (double vitrage, isolation, etc.) dans les logements à bâtir.  Je plaide en faveur de la mise en place d’un audit énergétique dans les logements sociaux. Parallèlement, l’Etat doit encourager le recours à  l’isolation thermique dans les constructions.

Des recommandations ?

A court terme, ce genre de projets peut résorber le taux de chômage étant donné la main-d’œuvre nécessaire à la réalisation d’un tel projet,  le nombre de jeunes architectes et d’ingénieurs tunisiens qui seront appelés à piloter les chantiers. Car ces logements sociaux seront réalisés par une main-d’œuvre locale et des matériaux locaux. Enfin, il est important que la phase d’étude soit limitée et que les délais d’exécution soient bien impartis. Par ailleurs, il faudrait penser à la mise en place d’une commission supérieure pour superviser ce projet pendant sa phase d’exécution et d’en contrôler la conformité après la réception. Car, les problèmes pour ce genre de projet émergent avec  le temps.  

Propos recueillis par Abdel Aziz HALI

jeudi 28 mars 2013

WSF-TUNIS 2013: L’altermondialisme entre le clavier et la souris



«La Tunisie, berceau des révoltes dans le monde arabe, accueille à partir d’aujourd’hui (26 mars) et jusqu’à samedi le Forum social mondial (FSM), la plus importante rencontre internationale des organisations et des mouvements sociaux. Et ce n’est pas un hasard. Les promoteurs du FSM ont choisi ce pays en référence au «Printemps arabe». Ce dernier a non seulement donné naissance à de nouveaux mouvements de contestation en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, mais il a aussi «contaminé » le sud de l’Europe, en particulier avec les Indignés dans l’Etat espagnol, et jusqu’au mouvement Occupy aux Etats-Unis», dixit Esther Vivas (@esthervivas), une militante espagnole et auteure de plusieurs livres et de publications sur les mouvements sociaux, la consommation responsable et le développement durable, dans un billet intitulé"Du Forum Social Mondial aux révoltes arabes" , publié sur son blog esthervivas.com
Et c'est parti avec @tariqramadan @alaingresh! politique : la nouvelle technologie (iPAD, Smartphones, etc.) a fait son job

Bref, nombreux sont les témoignages et les publications postés sur le web concernant la 12e édition du Forum social mondial (FSM) qui a dressé son chapiteau à Tunis du 26 au 30 mars. Nous commençons notre balade sur le web à partir du célèbre réseau social de Jack Dorsey «Twitter». Sur cet outil de microblogage, les organisateurs du FSM ont réservé aux Twittos (utilisateurs de Twitter) un compte qui porte le nom «forum social mondial» (@fsm_wsf) qui compte 397 abonnés, 151 abonnements et 236 Tweets (selon les statistiques publiées le 27 mars 2013 à 16h03).
Par exemple, l’organisation "War on Want" (@WarOnWant, qui signifie en français: lutte conte la misère) nous informe à travers un de ses tweets que plus de 50 mille délégués de plus de 124 pays représentés ont participé à la cérémonie d’ouverture du Forum.

«Entre printemps arabe et érable»


Le réseau national des associations jeunes et étudiantes de solidarité  internationale et d’éducation au développement "E&D" (@EtudiantsetD) a publié plusieurs tweets dont voici quelques échantillons: «A Tunis, on apprend à devenir des cracks, Citoyens Responsables Actifs Critiques et Solidaires. On vous apprendra, promis!», «Entre printemps arabe et érable, pour un engagement global, inclusif et créatif ... et avec de beaux accents», «Coca et popcorn au concert d’ouverture du  FSM2013 : grosse ambiance! La lutte anticapitaliste bat son plein ».
Les délégués de l'organisation E&D

Idem pour @Psycke alias Emna EL HAMMI  (journaliste chez nawaat.org),  qui a publié sur son compte «À part ma mère, qui n’assiste pas au FSM2013?» ou bien un certain Maher Tekaya (@MaherTekaya)  qui a mis en relief l’opportunité qu’offre le Forum pour effectuer du Networking (le réseautage) : «Aujourd’hui j’ai rencontré des gens qui croyaient qu’aucune cause n’était perdue et ça fait chaud au cœur». Quant à notre confrère Mourad Teeyeb (@MouradTeyeb) , il a posté en anglais le commentaire suivant : «What a wonderful mosaic in the streets of  Tunis » (quelle merveilleuse mosaïque dans les rues de Tunis).

Une overdose de photos


Mais qui dit Twitter, dit systématiquement une galerie de photos, or ils sont nombreux les clichés capturés entre le 26 et 27 mars et relayés sur le timeline du Forum social mondial (@fsm_wsf) par les Twittos participants au Forum. Par exemple les organisateurs du FSM ont retweeté une photo postée par  l’activiste Justin Wedes (@justinwedes) montrant  un rouleau  contenant les 16.175 noms de personnes qui sont mortes en transit entre l’Afrique et Europe.
Un rouleau  déroulé contenant les 16.175 noms de personnes qui sont mortes en transit entre l’Afrique et Europe

De son côté, le mouvement "CODEPINK" (@codepink, une initiative de femmes pour les libertés de base et la justice sociale) a publié sur son compté twitter une photo de ses membres brandissant une banderole en soutien à Gaza où on pouvait lire « Free Gaza».
Parmi les comptes tunisiens les plus mobilisés autour de cet évènement planétaire, on cite celui de Mouna Ben Halima (@mounabenhalima). Sur le mur de son compte twitter, on pouvait apercevoir une photo montrant des passants en train de signer et d’écrire des commentaires anti-israéliens sur un drapeau de l’entité sioniste (posé par terre) ou bien un concert improvisé du côté du Campus universitaire El Manar I.
Le cortège d'ATTAC FRANCE lors de la cérémonie d'ouverture

Toujours sur la page d’accueil du compte twitter «@fsm_wsf», on pouvait lire aussi le tweet posté par le mouvement "Attac France" (@attac_fr) : «Plus de 170 militants de @attac_fr actuellement aux sessions d’ouverture du FSM2013 sur dette, austérité, climat, gaz de schiste ! » ainsi qu’une photo montrant le cortège d’Attac France lors de la manifestation d’ouverture.

Le réseau des réseaux encore en rodage


Sur "FACEBOOK", les organisateurs ont créé une page fan " WSF FSM Tunis 2013 - المنتدى الاجتماعي العالمي تونس 2013 " qui compte 8236 «j’aime» (selon les statistiques recueillis le 27/03/2013 à 16h53). Les internautes peuvent suivre le programme du Forum comme c’est le cas sur le site web officiel "fsm2013.org" dédié à cette manifestation.
Un participant en train de Taguer un message anti-sioniste sur le drapeau d'Israël

Parallèlement, la page "  أخبـــار الـــــوزير" (les news du ministre) a partagé une vidéo postée par «tunivisions.net», intitulée «Forum social mondial : les ligues de protection de la révolution protestent contre les pro-Bachar» et montrant le fameux Reccoba et Cie apportant leur soutien à la révolution syrienne en dénigrant le régime baâthiste de la dynastie Al Assad. Bref, tout porte à croire que du côté du réseau des réseaux (Facebook), le partage des infos concernant le Forum est encore en rodage contrairement à l’effervescence enregistrée sur Twitter.

Enfin, du côté des journaux électroniques, nombreux étaient les articles soulignant l’évènement. Par exemple, sur «Rue89.com», on pouvait lire «Forum social mondial : l’altermondialisme cherche un second souffle à Tunis» dont voici un extrait résumant l’ambiance de la cérémonie d’ouverture : «Ceux qui ont connu les éditions historiques du FSM de Porto Alegre au Brésil l’auront certes trouvé un peu timide, mais le long cortège coloré où se succédaient syndicalistes européens, organisations écologistes du monde entier, associations africaines, collectifs indigènes d’Amérique latine aux côtés d’une présence massive de drapeaux de pays arabes apportait un peu de fraîcheur dans le climat plombé de Tunis ces derniers mois. Le concert de Gilberto Gil pour clôturer la marche était un véritable cadeau. Quelques dizaines de jeunes du fameux Comité de protection de la révolution du Kram (une banlieue populaire de Tunis), réputé pour son radicalisme – la bête noire de la gauche tunisienne –, se sont joints à la marche, sans déclencher d’incident sérieux. Quelques associations islamistes ont défilé en portant les photos de militants morts sous la torture pendant les années de dictature. Mais rien n’a gâché la fête». De bon augure pour notre pays dont les objectifs de sa révolution étaient et le sont pour toujours «Travail, liberté, dignité nationale !». 



Dans l’attente d’un avenir meilleur, les anticapitalistes et les altermondialistes de la planète bleue suivront avec beaucoup d’intérêt les travaux de cette XIIe édition du FSM, tant que le web fera comme à l’accoutumée de cette rencontre internationaliste son point essentiel.

Abdel Aziz HALI (@Alchimiste)
Article publié le 28-03-2013 sur les colonnes du journal La Presse